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  • Martijn

Traveling in thought to Beirut

Updated: Aug 24, 2020

Still in Buenos Aires, still in lock-down but with the hope of traveling to the US next Thursday on a special flight (fingers crossed).


The recent explosion in Beirut reminded me of two things : 1) how many friends from Lebanon I have and 2) how similar Argentina and Lebanon are in some aspects, although luckily not all.



I have Lebanese friends since when I was a child, going to French schools around the world which were often also chosen by Lebanese families abroad; the same happened in the Universities I went to in Orleans and Paris. After that, I also had a few colleagues from Beirut in Ipsos. Thanks to all of them, I can recognize their accent right away, I love kibbeh and tabbouleh and I follow their news. Carmen also brought a very powerful play about the country to our attention: Incendies by Wajdi Mouawad.


I have never been in Beirut but it has been described to me often in the best and the worst terms and hopefully we will be able to visit the city during our round the world trip, between stops in Turkey, Jordan and India. And hopefully, it will have been somewhat repaired by then.


As for the comparison with Argentina, it comes mainly from the frequent financial crises, huge debt, inflation, multiple exchange rates, corruption... And the fact that many people leave or want to leave. On July 28th, I wrote about a poll finding that 49% of Argentines would consider leaving their country if they could. And on July 13th, L'Orient le Jour newspaper published a text by Viviane Ghaoui, the sister of my friend Jacques who lives in Beirut, which starts with "there are those who left, by choice, by chance, or by necessity". The moving text is pasted below in its original language:


Il y a ceux qui ont quitté, par choix, par hasard, ou par nécessité. Il y a ceux qui sont restés, par choix, par hasard, ou par nécessité. Et lorsque l’on questionne les uns ou les autres, au Liban ou ailleurs, tous ont au fond de leurs yeux cette étincelle qui brille quand on évoque Beyrouth. Tous ont la gorge un peu nouée quand ils parlent de Beyrouth. Tous ont ce pincement au cœur qui leur rappelle qu’il y a Beyrouth. On ne peut pas avoir vécu à Beyrouth et ne pas avoir été marqué par cette ville atypique. Ceux qui ont vécu l’avant-guerre nous racontent la ville qu’ils ont aimée, où ils ont vécu sans réaliser qu’ils touchaient le bonheur du bout des doigts, et que ce bonheur-là pouvait être volatil et se dissoudre un jour, pour ne plus jamais réapparaître. Ceux qui, comme moi, ont vécu la guerre se souviennent, tout comme les murs et les pierres se souviennent eux aussi des cendres et du sang, mais aussi des instants de bonheur et de malheur que l’on tentait de grappiller intensément parce qu’on les savait fugaces et éphémères... Et qu’il fallait tout prendre, le bon comme le mauvais. Tout prendre, en même temps. Le temps n’existait pas, ou alors je n’en ai gardé aucun souvenir puisque tout se passait dans l’instant, lequel recommençait l’instant d’après, avec sa charge de bombes, de feu et de fureur, marqués au fer rouge dans notre mémoire. Ceux qui ont connu l’après-guerre ont vécu de rêves, d’espoirs et d’illusions, alternés par des trêves, des révolutions et de petites guerres entre amis et entre ennemis. Beyrouth est une blessure qui reste vive chez nous tous. Tous ceux qui ont vécu à Beyrouth, qu’ils y vivent encore ou pas la ressentent. Une blessure, des fois ouverte, des fois mal soignée, mais toujours pas cicatrisée. Parce qu’on ne peut pas avoir aimé Beyrouth et cesser de l’aimer. C’est une blessure à laquelle on tient, qu’on entretient, qui nous donne envie, les soirs où il fait chaud, de la toucher, même si elle fait mal, même si elle brûle, même si elle s’ouvre. Ils auront beau faire pour détruire l’âme de Beyrouth, il existe des villes éternelles qui ne pourront jamais mourir, parce que ce qui meurt vraiment, c’est ce qu’on oublie. Et Beyrouth n’est pas une ville que l’on oublie. Parce que l’on n’oublie jamais une blessure. Même si elle est douloureuse. Surtout si elle est douloureuse...


A big difference between Lebanon and Argentina is of course the history of war and terrorism, where Argentina clearly lags behind with "only" the attacks by the leftist guerillas (eg. Montoneros) in the 70's, followed by state terrorism of the military dictatorship in the 70's and 80's that ended with the Falklands/Malvinas war, and the AMIA bombing in July 1994.


War ridden Beirut is the object of this short text (also in French) by my Parisian friend Mathilde who has lived there briefly as a teenager, in 1979:


La piscine du Holiday Inn à Beyrouth 1979

Mon regard plongea dans la matière mouvante et lisse, hypnotisé par cette transparence bleue. Mon corps saisi, ressentait joyeusement à l’avance ce léger choc thermique, lorsque mes pieds dans un élan, décideraient de me faire disparaître la tête la première dans cet élément noble et enveloppant que je vénérais tant.

Puis mon regard se redressa lentement un peu plus haut, effrayé par la vision de l’immeuble calciné, dominant la mer face au port de Beyrouth, lui-même noirci par la haine des hommes. L’hôtel n’avait pas eu le temps d’être reconstruit, immobile dans l’attente et abasourdi par la stupidité de la violence.

Mon regard suivit ensuite le pas félin des femmes dans leurs mules étrangement hautes, affublées de maillots échancrés à outrance et aux couleurs insolentes. Cette féminité exposée et indécente infiltrait la peur dans mon petit plexus solaire d’adolescente si mal à l’aise dans ce nouveau corps qu’elle découvrait parfois avec stupeur dans la glace.

L’entrée pour cette piscine on ne peut plus improbable, était relativement chère pour éviter une trop grande fréquentation j’imagine.

Quelle disgrâce professionnelle avait amené mon père dans cet endroit apocalyptique ?

Pourquoi m’avaient-ils fait venir ? Des voitures piégées explosaient de façon aléatoire dans des rues que j’étais amenée à parcourir régulièrement. Quel égoïsme ! La peur déposait tous les matins des poignées de cheveux sur le siège de la voiture paternelle qui m’amenait au lycée français.

L’immeuble calciné mettait en exergue cette haine qui grondait dans mon corps. Je les détestais ces parents défaillants, dangereux par leur inconscience et leur mauvaise foi.

La petite tranquillité de l’enfance s’était évaporée dans les odeurs de chlore et de l’absurdité du monde.



The absurdity of the world struck again with the explosion in the harbor on August 4th, and again Viviane created a beautiful text after having moved with her husband and children to my friend Jacques' place because her appartment had no windows anymore.


Viviane's appartment:


Her text on FaceBook: there are no birds anymore!


My Lebanese friends and Beirut, I wish you well, hope to see you soon and enjoy all your treasures.



and birds!


and neighborhoods


and stairs!






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